temps éstimé pour lire ce billet: 245 secondes

Vous êtes un manager et je vous dis :

  • Il n’y a pas de réponse facile
  • La question porte avant tout sur des concepts
  • Il n’y a pas de réponse définitive, mais toutes les réponses ne se valent pas

Ça vous parle ? Ça vous rappelle votre quotidien ?

Moi, quand j’ai lu ça, c’était clairement du « polarity management », , le management de la complexité.  Et en même temps c’est un cours de philo de terminale !

Le management est donc de la philosophie ! Et non de L’OST 1(Lost in OST ! )

WOW ! Je me sentais à la fois « choqué » et amusé de voir cela…

D’où ce partage …


La démarche philosophique : problématiser, argumenter, conceptualiser

Perso, (en tant que coach agile) je passe monte mon temps à distinguer des concepts pour qu’ils puissent être actionnés adéquatement  !

La plupart des erreurs de management que je vois viennent d’une confusion.
Une confusion entre deux concepts, non distingués, qui fait choisir la mauvaise approche, la pratique inadéquate, qui génère le résultat inadéquat.

Sommes-nous là dans une phase de convergence ou de divergence ? Dans la réflexion , la décision ou la coordination? On sait déjà assez ou pas ?

Et donc, cette méthode « philosophique » se trouve très proche de ce que je fais intuitivement pour trouver de repères dans les cadrans « complexe/chaos ». Elle propose trois étapes :

  • problématiser
  • conceptualiser
  • argumenter

Regardons cela de plus près :

  • Problématiser :  Dans le cadran complexe, un truc est vrai et son contraire aussi. C’est la définition du complexe, aussi appelé « ambigu ». La Méthode dit:

    « Pour cela, il faut montrer que ce n’est pas si simple de répondre à la question posée. Le meilleur moyen de le faire est de dégager une tension entre une réponse et une contre-réponse, à partir de l’analyse du sujet.”

  • Conceptualiser : je cherche à « distinguer » les trucs qui sont proches de la notion, et j’explore les nuances, les connexes, les opposés, pour comprendre « ce que ce n’est pas ». Je teste sur des exemples. J’utilise l‘échelle de DILTS : Les niveaux logiques de la pensée humaine. Pour éviter l‘écheveau de spaghetti entre le quoi, le comment, le avec quoi, le pourquoi , le qui , le pour qui .. Et la, surprise ! La Méthode dit:

  • Travaillez à la fois le lien de la notion avec d’autres notions et le lien avec le réel.

  • Repérez les notions qui sont proches de la notion à définir. Repérez les notions qui sont à l’opposé de cette notion. Repérez les notions qui sont liées à cette notion. Repérez enfin la catégorie générale dans laquelle s’inscrit cette notion, et utilisez des distinctions conceptuelles pour distinguer la notion de tous les autres termes (proches, opposés, liés).

  • Utilisez des exemples concrets pour justifier votre analyse de la notion.

  • Argumenter : j’utilise l’échelle d’inférence  d’Argyris (OSHICA). Afin de distinguer MES inférences et les rendre lisiblement opposables (donc permettre à l’autre de contribuer et  d’enrichir le discours). Et là, encore , La Méthode dit:

Un argument, c’est un ensemble de prémisses (les idées qui forment le point de départ de l’argument), qui conduisent, par un lien logique, à une conclusion. Pour bien argumenter, il faut donc :
– (i) que les prémisses soient justifiées, et
– (ii) qu’il y ait un lien logique entre les prémisses et la conclusion (les prémisses doivent entraîner logiquement la conclusion, elles doivent suffire pour qu’on puisse en tirer la conclusion).

Perspective

Voila qui est des plus intéressant ! Et donc, ça laisse à penser que si l’exploration de la complexité est relativement récent 2, on pourrait aussi se servir d’outils philosophique affinés pendant 2000 ans…

Je pensais faire du management « avancé », et bien, je faisais aussi de la philosophie, sans le savoir, tel un monsieur Jourdain. Hm…Vais-je rajouter « philosophe » à mon cv ? … mouais, pas sûr que les recruteurs apprécient à sa juste valeur …

Il y a deux sortes de vérité. Il y a des vérités superficielles, dont le contraire est évidemment faux. Mais il y a aussi des vérités profondes, dont l’opposé est également juste. – Niels Bohr


( je suis tombé sur ce cours de philo en cherchant des plans / méthodes pour rédiger plus clairement, tout en en ayant marre des trucs simplistiques donc le Web est plein… Sérendipité donc 🙂 )

et en voici ma petite synthèse



Annexe: Mindmap, Un premier jet d’un article

un mindmap pret a l emploi

Le mindmap prèt à l’emploi comme template (ithoughtsX)
idem (freemind)


  1. Organisation scientifique du travail. Taylorisme,fordisme 
  2. Lorentz 1963, Prigogyne 1977 
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2 Responses to Quand faut il arrêter les débats philosophiques en management ?

  1. Pierre Clause says:

    Merci cher Luc et cher @Taesch (je remercie les 2 !) pour tes partages toujours si riches, et mention spéciale à la collision entre la première phrase : “temps estimé pour lire ce billet: 130 secondes” et la suite … que je prolongeais en mon for intérieur : “temps estimé pour le mettre en pratique avec succès: 130 ans” 🙂 Bien à toi – Pierre Clause

    • luc taesch says:

      Hello Pierre ,mon ami 🙂 .Ca me fais doublement plaisir te lire !

      – Pour ton appréciation,
      – et ma surprise aussi d’avoir un commentaire avant même que je ne tweet ce petit billet !
      Aurais-je donc au moins un lecteur ? Hihi . Je suis curieux, tiens, comment es tu arrivé la ? Tu est souscrit ? Ou pure sérendipité ?

      (Entre temps j ai porté le billet à 235 secondes, ce qui va t’amener à surpasser Jeanne Calment !)

      Ça me rappelle notre idée de 2014, sur le « cursus du manager du 21e siècle ». Et bien, il se déploie, tout doucement :-)…
      Si tu es toujours intéressé à co-créer…

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