Rédiger un article de manière structurée, claire et concise avec Minto

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Écrire un blog, ou un mémo… quelle plaie.

J’ai toujours eu du mal à écrire des blogs (ou des mémos). Ma pensée est complexe , va dans tous les sens ; à l’oral j’arrive à m’en tirer, car je m’adapte intuitivement à mon interlocuteur et à ses réactions.

Mais ça ne marche plus à l’écrit, car mon interlocuteur n’est plus en face de moi … et là , mon explication devient fouillis, ça part dans tous les sens, je le vois et me juge. Cela tourne en rond dans ma tête. Rien ne sort de concret. Je passe alors à autre chose, très frustré. Je ne peux pas exprimer ce qui fait ma spécificité.

J’ai regardé ce qui se faisait, j’ai pris des cours sur udemy et même un coach , cela a un peu éclairci le sujet, mais une question reste entière : comment structurer un texte pour qu’il soit clair et lisible ?

Je ne parle pas de « raconter une histoire » et tout ce bla-bla autour du storytelling. Je ne fais pas dans la romance, mais dans le business et mes interlocuteurs-lecteurs sont pressés – ce qui est peu propice à la concentration -, et passent vite à autre chose si on ne capte pas vite leur attention…

J’ai lu pas mal de choses sur le sujet, je suis même revenu au plan de philosophie de terminale, la situation a  progressé , mais ce n’était pas encore la panacée.

Jusqu’à ce que je rencontre Minto 1 … et là, tout s’est éclairé… Clair, précis, limpide. J’avais trouvé une structure et une méthode pour pondre des articles et des mémos clairs ( et même des présentations)  !

Je me propose de vous partager cette découverte, au cas où vous aussi, vous auriez le même besoin de clarté et de concision…

Minto, c’est quoi ?

Il y a 2 concepts dans un article “Minto”: le BLUF  et la démarche SCR.

  • Le BLUF : C’est un paragraphe où les conclusions et recommandations sont placées au début du texte plutôt qu’à la fin. C’est une technique militaire : bottom – line – up – front ( BLUF 2 ) , afin de faciliter la prise de décision rapide. Cela diffère d’un style plus ancien, plus traditionnel, dans lequel les conclusions et les recommandations sont incluses à la fin, suivant les arguments et les considérations des faits.

  • SCR : C’est un discours qui expose dans l’ordre : la Situation – la Complication – la Résolution :

    • La Situation : La définition du contexte et ce qui est important , que le public connaît et accepte déjà comme un fait.
    • la Complication : La raison pour laquelle la situation exige une action. ( Le Problème)
    • la Résolution : L’action requise pour résoudre un problème (ou saisir une opportunité).

En langage narratif, la situation décrit le contexte récent de ” Il était une fois… et tous les jours… “. La complication comprend l’incident déclencheur et ses conséquences ( “… jusqu’au jour où… et à cause de cela… “).

Illustrons cela avec un exemple :

Prenons cet article même, en l’illustrant :

L’introduction illustre le SCR 3:

  • La Situation : je n’arrive pas a écrire de manière structurée, claire, et concise.
  • La Complication : je suis très frustré, je ne sais pas exprimer ma spécificité 4, et je ne trouve pas de solution même avec des cours,
  • La Résolution : Je découvre Minto , l’applique et tout devient clair et réplicable.

Illustrons le BLUF avec le premier paragraphe. Il y a deux niveaux de BLUF. Suivons les flèches pour remonter du détail vers l’essentiel:

  • Les paragraphes sont résumés dans la première phrase du paragraphe ( en vert) .
  • Et les deux concepts sont introduits dans la première phrase ( en rouge).

Creusont le Comment

Deux autres élaborations interviennent :

  • La pyramide inversée, qui prolonge le BLUF.

  • Les arguments, qui sont soit inductifs, soit déductifs.

La pyramide inversée

La pyramide inversée peut être visualisée comme un triangle pointant vers le bas. La partie la plus large au sommet représente l’information la plus substantielle, la plus intéressante et la plus importante que l’auteur veut transmettre.
Cela illustre que ce genre de matériel doit être en tête de l’article, tandis que la partie inférieure en pointe illustre que les autres informations suivent par ordre décroissant d’importance. 5

pyramide inversée

En suivant le principe du BLUF, les affirmations les plus importantes seront communiquées d’abord, suivies de leurs arguments, qui eux-mêmes seront détaillés et élaborés .

Les arguments

Les arguments qui soutiennent une affirmation peuvent être présentés de manière inductive ou déductive 6:

Minto propose de se limiter à 3 arguments maximum par niveau.

Reprenons l’exemple.

L’argumentation générale de l’article est déductive : Pourquoi, Quoi, Comment.

Les composants du Quoi sont inductifs, des éléments séparés qui contribuent au niveau supérieur. Cela va de l’essentiel vers plus de détails, c’est la pyramide inversée.

Lors de la combinaison des deux, certains éléments ont été déplacés dans le comment, pour alléger la première section et consolider l ‘apprentissage, en montrant d’abord un exemple, qui est raffiné ensuite.

et pour le contre exemple, voici une structure qui ne serait pas Minto. voyez vous pourquoi ?

Conclusion

Ce billet présentait et illustrait de manière courte une structuration de texte, appelée Minto, qui permet de communiquer de manière claire et concise . Les arguments sont communiqués du plus important au plus détaillé, en donnant les conclusions d’abord . Un arc narratif soutient la démonstration.

Cela permet de communiquer son opinion de manière claire , concise , structurée.

J’aurais cru à priori que cette présentation “top down” ne soit trop “réductioniste”. Ce n’est pas ce que j’ai expérimenté dans la pratique, et j’ai donc changé d’opinion 7.

Ce billet a présenté ce à quoi on veut aboutir, il n’a pas présuppose pas comment on y arrive.

Car la restitution d’une information ne se présente pas dans le même ordre que les réflexions et la recherche qui ont abouti à ces conclusions. Ce n’est pas un compte rendu d’activité, un mémoire où une thèse. 8

Pour l’anecdote, on notera que Jeff Besos, CEO d’Amazon, insiste depuis 2004 sur le fait d avoir des mémos ( de 4 pages max) , plutôt que des powerpoint, car :

“La raison pour laquelle il est plus difficile de rédiger une “bonne” note de quatre pages est que la structure narrative d’une bonne note oblige à mieux réfléchir et à mieux comprendre qu’est ce qui est plus important que quoi, et comment les choses sont liées.”

References

http://www.barbaraminto.com/index.html


  1. Merci a Jean Pierre Schmidt 
  2. https://en.wikipedia.org/wiki/BLUF_(communication) 
  3. https://speakingsherpa.com/how-to-tell-a-business-story-using-the-mckinsey-situation-complication-resolution-scr-framework/ 
  4. Ma “Proposition de valeur unique” 
  5. https://en.wikipedia.org/wiki/Inverted_pyramid_(journalism) 
  6. https://www.dbai.tuwien.ac.at/staff/gatter/work/051104_The_Minto_Pyramid_Principle.pdf 
  7. (Voici un des premiers billets où j’ai testé Minto. Je le trouve plutôt clair et concis. Votre avis ?) 
  8. J’utilise personnellement une méthode appelée ZettelKastenNotes, ou Smartnotes pour me soutenir lors de la recherche. 
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